Justice antiterroriste : les errements de Benoist Apparu

Invité de la matinale de France Inter mercredi, le député de la Marne et soutien d’Alain Juppé en vue de la primaire du parti Les Républicains, a assuré que les candidats au jihad ne pouvaient être condamnés pour le seul fait d’avoir tenté de rejoindre les zones de combat. Faux.

Mercredi matin, au petit-déjeuner, le café a fait une sacrée fausse route en écoutant la matinale de France Inter. Benoist Apparu, ex-ministre du Logement, député de la Marne et membre de l’équipe de campagne d’Alain Juppé en vue de la primaire du parti Les Républicains (LR), y a enchaîné les énormités à propos des infractions pénales retenues dans les cas de terrorisme.

INTOX

Benoist Apparu : «Alain Juppé a proposé la semaine dernière un délit pour le séjour dans un lieu où il y a des groupes terroristes. Exemple : la personne qui part en Syrie pour faire le jihad pourrait être condamnée pour ce seul fait à son retour, pour la tentative d’y aller, pour le fait d’y être allé […] Et, dans l’attente de la condamnation, on pourrait, à titre préventif, soit le mettre en prison, soit le mettre, cette fois-ci ce serait nouveau, dans un centre spécifique pour aider à déradicaliser.»

«Ça existe quand même déjà», hoquette Pierre Weill, l’animateur de la matinale de France Inter.

Benoist Apparu : «Aujourd’hui, vous avez effectivement la possibilité de qualifier ce voyage, entre guillemets ce jihad, d’entreprise terroriste. Pas la tentative. Or, on voit bien dans la plupart des cas que ce sont des jeunes qui vont jusqu’en Turquie, mais qui ne peuvent pas y pénétrer, et qui, donc, reviennent en France. Or, nous pouvons qualifier celui qui a fait le jihad mais nous n’avons pas de quoi qualifier celui qui a fait la tentative de jihad.»

«Enfin, ce n’est quand même pas l’impunité actuelle pour ceux qui tentent de faire le jihad…», tente à nouveau Pierre Weill.

Benoist Apparu : «Pour celui qui tente, oui.»

DESINTOX

En réalité, nombreux sont les cas où des candidats au jihad, en partance pour les zones de combat, ont été arrêtés et condamnés pour «association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes terroristes.»

Lire la suite…